Colombie 2018 : retour d’expérience de Johanna

<< Après deux années en France la maison commençait à me manquer, alors, comment ne pas choisir le stage en Colombie, un des pays tropicaux avec une grande diversité biologique et culturelle. L’endroit parfait pour rentrer dans la bioculturalité. Les palmiers, pourquoi pas? C’est une famille botanique très importante due à ses nombreux usages. Voici mon retour d’expérience sur ce stage dans la zone cafetière de la Colombie. >>

Pourquoi avoir choisi ce stage ?

 Je m’intéresse aux relations entre les hommes et les plantes, pour moi c’est étonnant de voir par exemple comment une feuille de palmier peut être transformée en un objet et s’inscrire dans la vie quotidienne des Hommes ou comment un fruit peut avoir autant de significations et de préparations dans une communauté rurale comme urbaine. Ces liens plantes-hommes m’ont toujours inspiré c’est pour cela que j’ai ciblé mes recherches de stage vers l’ethnobotanique, j’ai fait une candidature spontanée.

En quoi consistait ton stage ?

Au début, le stage était dirigé à faire les démarches nécessaires (administratives, techniques, etc) pour inscrire la collection ethnobotanique de palmiers du Jardin Botanique de Quindio JBQ dans les systèmes de données biologiques et culturelles nationales. Cependant, cette activité demandait beaucoup de temps et n’a pas pu y être envisagée. Finalement, le but a été redéfini vers la caractérisation ethnobotanique de palmiers de Colombie, qui consistait à la recherche, organisation et analyse d’information qualitative déjà existante sur l’ethnobotanique de palmiers afin de planifier et envisager des activités et, le futur du Musée Ethnobotanique de Palmier MEP dans le JBQ où est située de même, la Collection Nationale vivante de Palmiers CNP de Colombie.

Stage Colombie Johanna
Musée d’Ethnobotanique de Palmier MEP au Jardin Botanique de Quindio JBQ. Photo: Johanna GONZALEZ 2018

Quels ont été pour toi les plus grands défis sur toute la durée de ton stage ?

La principale difficulté de mon stage a été de cibler le sujet d’étude, parce que le JBQ avait des besoins tout à fait légitimes, mais que malheureusement ne pouvaient pas s’inscrire dans le projet scientifique demandé pour l’Université, alors, il a été nécessaire de reformuler le sujet. De plus, des activités de terrain demandent plus de logistique, budget et du temps donc cela n’était pas une possibilité dû à la durée du stage. C’est pour cette raison, qu’il a fallu négocier le sujet et trouver l’équilibre. Cependant, une deuxième difficulté est arrivée, dû à la taille du sujet choisi, le temps dédié à l’analyse de données et rédaction du rapport est devenu trop court.

Qu’est-ce qui t’a le plus plu ?

Ce qui m’a le plus plu durant le stage c’est de pouvoir rentrer dans le monde des palmiers et ses usages, observer la transformation du végétal au symbolique grâce aux différentes représentations que les Hommes font d’eux. De même, j’ai apprécié faire connaissance et partager avec le personnel du JBQ, aussi, habiter et travailler dans un endroit rempli de vie, le Jardin Botanique de Quindio. Découvrir de nouveaux endroits dans mon propre pays a été exceptionnel.

Stage Johanna Colombie
Serre à papillons au Jardin Botanique de Quindio Photo: Johanna GONZALEZ 2018
Stage Colombie Johanna
Attalea butyracea ou palmier du vin au Jardin Botanique de Quindio, une des espèces qui registre un grand nombre d’usages, des aliments humains à partir de ses fruits jusqu’à la construction de toits avec ses feuilles. Photo: Johanna GONZALEZ 2018

Quel est l’apport de ce stage pour la suite ?

Suite aux difficultés vécues, ce stage m’a appris l’importance d’être autonome, mais aussi le droit qu’on a à demander de l’aide quand il faut. Quand vous faites un stage issu d’une candidature spontanée dans l’international, il faut maintenir un contact permanent (tout au long du stage) avec les spécialistes du domaine afin de remplir toutes les demandes de l’exercice. C’est pourquoi, il est très important de garder à l’esprit que même si c’est une expérience d’apprentissage, elle sera évaluée et notée.

Une anecdote ?

Je travaillais dans le bureau qui était à côté de la salle d’exposition d’entomologie et j’aimais y travailler le soir parce qu’il était plus tranquille, je laissais la fenêtre ouverte et les papillons de nuit venaient me rendre visite, attirés par la lumière. J’ai pu voir plus de 20 espèces différentes pendant une nuit. Le problème était qu’à cause de ces visites nocturnes, quelques-uns restaient dans le bureau et mouraient là, alors, cela a commencé à devenir un cimetière de papillons de nuits et mes camarades chaque jour se demandaient pourquoi il y avait autant d’insectes morts. Mon stage m’a permis de connaître le JBQ autant le jour que la nuit.

Conseil 

Anticiper les difficultés, par exemple: si vous n’êtes pas très fort en Statistiques, spécialement R, il faudra envisager comment mener la situation, parce que l’analyse de données est une partie vitale. Donc, il faut penser à se former avant de partir, dédier de temps pendant le stage pour le faire (le soir) où et le plus recommandable commencer à le faire dès maintenant, petit à petit. Pensez à partager des choses/savoirs/expériences etc… pour créer des liens, apporter des produits de chez-vous. Pourquoi pas amener à l’étranger de biscuits LU, du vin, une recette, une chanson, un livre etc. Echanger toujours fera du bien!

Stage Colombie Johanna
Parcours préparatoire pour la visite de la IPS à la Collection Nationale de Palmiers dirigée par le spécialiste Rodrigo Bernal en compagnie des professionnels du JBQ Carlos Montoya, Cristian Alzate, Dora Charry, Isabel Cubillos et Héctor. Photo: JBQ 2018
Stage Johanna Colombie
Sortie avec l’IPS International Palm Society à Tochecito, endroit qui garde la plus grande communauté de palmiers de Cire Ceroxylom quindiuense, arbre national de Colombie. Photo: IPS 2018
Publicités

Festisciences Merci à tous !

Bonjour les brins de forêt !

Avec notre petit stand, haut en couleur, nous étions fiers de vous montrer le tout premier model d’ecocup brin de foret.

Festisciences
L’écocup brin de forêt, en vente au local Space du CROUS pour 2 euros !
Festisciences
L’équipe Pauline Ophélie Louise

Cette journée d’échanges a pu avoir lieu grâce au travail des associations étudiantes et du personnel de la Faculté des Sciences.

Merci à tous pour votre implication et votre bonne humeur. Merci au President de l’UM (au premier plan sur la photo d’en-tête) qui est venu à la rencontre des associations.

A très vite pour de nouvelles aventures !

L’équipe BioGET

 

 

Stage de 4 mois en Martinique : retour d’expérience de Raphaëlle

<< Avant de faire mon M1 BioGET, j’étais en licence de biologie à Paris. J’ai eu l’occasion et la chance de pouvoir partir en Martinique pour ce stage de 4 mois au sein de l’UR GECO (Fonctionnement écologique et gestion durable des agrosystèmes bananiers et ananas) du CIRAD. Voici mon retour d’expérience.  >>

  • Pourquoi avoir choisi ce stage ?

Je dirais plutôt que c’est ce stage qui m’a choisie ! En effet, j’ai eu beaucoup de difficultés dans ma recherche de stage. Trois semaines avant le début de la date annoncée pour partir, je n’avais toujours rien trouvé et je passais tout mon temps à envoyer des mails et des CV à toutes les UMR possibles du CIRAD. Je souhaitais tout de même faire mon stage dans cet organisme car je m’intéresse particulièrement à l’intégration des systèmes agricoles dans la conservation de la biodiversité. Bref, deux semaines avant la fin des cours, je reçois une réponse positive pour un stage de 4 mois en Martinique et trois semaines plus tard, j’étais dans l’avion. Sachant que j’aurais été obligée d’accepter n’importe quel stage,  j’ai eu énormément de chance au final car le sujet que j’ai traité m’a beaucoup intéressée.

  • En quoi consistait ton stage ?

Le but de mon stage était d’étudier une association de plantes de couverture dans les systèmes bananiers. En Martinique, la culture de la banane et prédominante, et beaucoup d’intrants sont encore utilisés. Dans le but de réduire les herbicides appliqués, une des solutions est d’utiliser des plantes de couverture pour limiter la croissance des adventices. La problématique était de déterminer si l’association de deux espèces de couverture, une pérenne et une annuelle, permettait d’assurer rapidement une forte couverture (par l’annuelle) et de constituer à plus long terme une couverture adaptée à l’ombrage (par la pérenne). J’ai donc analysé cette complémentarité fonctionnelle entre les deux plantes à travers leur croissance afin de déterminer la meilleure combinaison possible.

Stage Martinique Raphaelle
Bananeraie expérimentale du CIRAD sur la parcelle juxtaposée à la mienne.
  • Quels ont été pour toi les plus grands défis sur toute la durée de ton stage ?

Tous les mois, j’avais une grosse semaine de terrain pour prélever mes plantes. C’était parfois un peu difficile de travailler en plein soleil aux heures les plus chaudes. Heureusement que je me suis bien entendue avec les techniciens avec qui je travaillais, ça rendait le moment plus agréable. Mis à part ça, je n’ai pas eu de réelles difficultés.

  • Quels sont les principaux résultats de ton stage ?

À mon grand regret, je n’ai pas eu de réels résultats d’un effet significatif de mes traitements. Je pense qu’il aurait fallu que l’expérience se prolonge et modifier certaines choses dans la mise en place des différentes espèces.

  • Qu’est-ce qui t’a le plus plu ?

Tout d’abord, j’ai beaucoup apprécié l’opportunité de pouvoir faire du terrain en milieu tropical. J’ai ainsi pu apprendre le nom (souvent en créole dans un premier temps) de beaucoup d’espèces communes de Martinique. L’ambiance au CIRAD était très détendue et vraiment sympa, c’était agréable de passer 4 mois là-bas. J’ai eu l’occasion de discuter avec des chercheurs de différentes équipes, ce qui a été enrichissant.

Stage Martinique Raphaelle
Moi, en fascination devant un immense Fromager.
  • Quel est l’apport de ce stage pour la suite ?

Ce stage m’a permis d’approfondir des connaissances que j’avais acquises pendant l’année en cours, notamment en identification des espèces, en écologie fonctionnelle et en traitement de données statistiques. J’ai pu voir comment se passait la recherche en agronomie (assez différente de l’écologie fondamentale) ce qui était bénéfique pour moi car c’est ce qui m’intéresse. De plus, ce stage m’a permis d’avoir mon stage de césure au CEFE en écologie fonctionnelle mais cette fois sur les traits racinaires.

  • Une anecdote ?

Douée comme je suis, j’ai réussi à me couper le doigt avec un couteau pendant la deuxième semaine de mon stage. J’ai donc eu la joie de découvrir les urgences de Fort-de-France et j’en suis ressortie avec 5 points de suture et un gros pansement. Toutes mes premières semaines de terrain ont donc été faites avec deux gants sur la main gauche et du scotch pour que la terre ne rentre pas dedans.

Sinon, en Martinique, être en stage ressemble quand même un peu à des vacances : sortir du boulot pour aller nager avec les tortues plusieurs fois par semaines est très très agréable. Je recommande.

Stage Martinique Raphaelle
Paysage typique de Martinique, un petit coin de paradis.
  • Conseil

En Martinique, il faut se déplacer en voiture. Pour moins de 6 mois, c’est mieux de louer (à plusieurs si possible) mais pour un stage de 6 mois il est intéressant d’acheter une voiture d’occasion. Aussi, il faut s’attendre à un coût de vie plus élevé qu’en métropole (sauf pour le rhum, et ça, ça fait plaisir). Dernier conseil : en profiter au maximum !

Stage Raphaelle Martinique
Randonnée de la trace de Jésuites, un écrin de verdure ou on pourrait passer des heures.
stage Martinique Raphaelle
La Martinique vue du ciel, c’est encore mieux.