Stage de 4 mois en Martinique : retour d’expérience de Raphaëlle

<< Avant de faire mon M1 BioGET, j’étais en licence de biologie à Paris. J’ai eu l’occasion et la chance de pouvoir partir en Martinique pour ce stage de 4 mois au sein de l’UR GECO (Fonctionnement écologique et gestion durable des agrosystèmes bananiers et ananas) du CIRAD. Voici mon retour d’expérience.  >>

  • Pourquoi avoir choisi ce stage ?

Je dirais plutôt que c’est ce stage qui m’a choisie ! En effet, j’ai eu beaucoup de difficultés dans ma recherche de stage. Trois semaines avant le début de la date annoncée pour partir, je n’avais toujours rien trouvé et je passais tout mon temps à envoyer des mails et des CV à toutes les UMR possibles du CIRAD. Je souhaitais tout de même faire mon stage dans cet organisme car je m’intéresse particulièrement à l’intégration des systèmes agricoles dans la conservation de la biodiversité. Bref, deux semaines avant la fin des cours, je reçois une réponse positive pour un stage de 4 mois en Martinique et trois semaines plus tard, j’étais dans l’avion. Sachant que j’aurais été obligée d’accepter n’importe quel stage,  j’ai eu énormément de chance au final car le sujet que j’ai traité m’a beaucoup intéressée.

  • En quoi consistait ton stage ?

Le but de mon stage était d’étudier une association de plantes de couverture dans les systèmes bananiers. En Martinique, la culture de la banane et prédominante, et beaucoup d’intrants sont encore utilisés. Dans le but de réduire les herbicides appliqués, une des solutions est d’utiliser des plantes de couverture pour limiter la croissance des adventices. La problématique était de déterminer si l’association de deux espèces de couverture, une pérenne et une annuelle, permettait d’assurer rapidement une forte couverture (par l’annuelle) et de constituer à plus long terme une couverture adaptée à l’ombrage (par la pérenne). J’ai donc analysé cette complémentarité fonctionnelle entre les deux plantes à travers leur croissance afin de déterminer la meilleure combinaison possible.

Stage Martinique Raphaelle
Bananeraie expérimentale du CIRAD sur la parcelle juxtaposée à la mienne.
  • Quels ont été pour toi les plus grands défis sur toute la durée de ton stage ?

Tous les mois, j’avais une grosse semaine de terrain pour prélever mes plantes. C’était parfois un peu difficile de travailler en plein soleil aux heures les plus chaudes. Heureusement que je me suis bien entendue avec les techniciens avec qui je travaillais, ça rendait le moment plus agréable. Mis à part ça, je n’ai pas eu de réelles difficultés.

  • Quels sont les principaux résultats de ton stage ?

À mon grand regret, je n’ai pas eu de réels résultats d’un effet significatif de mes traitements. Je pense qu’il aurait fallu que l’expérience se prolonge et modifier certaines choses dans la mise en place des différentes espèces.

  • Qu’est-ce qui t’a le plus plu ?

Tout d’abord, j’ai beaucoup apprécié l’opportunité de pouvoir faire du terrain en milieu tropical. J’ai ainsi pu apprendre le nom (souvent en créole dans un premier temps) de beaucoup d’espèces communes de Martinique. L’ambiance au CIRAD était très détendue et vraiment sympa, c’était agréable de passer 4 mois là-bas. J’ai eu l’occasion de discuter avec des chercheurs de différentes équipes, ce qui a été enrichissant.

Stage Martinique Raphaelle
Moi, en fascination devant un immense Fromager.
  • Quel est l’apport de ce stage pour la suite ?

Ce stage m’a permis d’approfondir des connaissances que j’avais acquises pendant l’année en cours, notamment en identification des espèces, en écologie fonctionnelle et en traitement de données statistiques. J’ai pu voir comment se passait la recherche en agronomie (assez différente de l’écologie fondamentale) ce qui était bénéfique pour moi car c’est ce qui m’intéresse. De plus, ce stage m’a permis d’avoir mon stage de césure au CEFE en écologie fonctionnelle mais cette fois sur les traits racinaires.

  • Une anecdote ?

Douée comme je suis, j’ai réussi à me couper le doigt avec un couteau pendant la deuxième semaine de mon stage. J’ai donc eu la joie de découvrir les urgences de Fort-de-France et j’en suis ressortie avec 5 points de suture et un gros pansement. Toutes mes premières semaines de terrain ont donc été faites avec deux gants sur la main gauche et du scotch pour que la terre ne rentre pas dedans.

Sinon, en Martinique, être en stage ressemble quand même un peu à des vacances : sortir du boulot pour aller nager avec les tortues plusieurs fois par semaines est très très agréable. Je recommande.

Stage Martinique Raphaelle
Paysage typique de Martinique, un petit coin de paradis.
  • Conseil

En Martinique, il faut se déplacer en voiture. Pour moins de 6 mois, c’est mieux de louer (à plusieurs si possible) mais pour un stage de 6 mois il est intéressant d’acheter une voiture d’occasion. Aussi, il faut s’attendre à un coût de vie plus élevé qu’en métropole (sauf pour le rhum, et ça, ça fait plaisir). Dernier conseil : en profiter au maximum !

Stage Raphaelle Martinique
Randonnée de la trace de Jésuites, un écrin de verdure ou on pourrait passer des heures.
stage Martinique Raphaelle
La Martinique vue du ciel, c’est encore mieux.
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