Stage de 4 mois au Burkina Faso : retour d’expérience de Pauline

« Désirant depuis longtemps aller en Afrique, j’ai profité de ma dernière année d’étude pour y effectuer un stage. D’une durée de 4 mois, j’ai eu le temps de connaitre un minimum de la culture et de m’imprégner du mode de vie du pays des Hommes Intègres : le Burkina Faso. »

  • Pourquoi avoir choisi ce stage ?

J’ai choisi ce stage pour plusieurs raisons :

– C’était un défi pour moi car il fallait faire preuve de beaucoup d’autonomie

– Je voulais voir à quoi ressemblait le genre de projet dans lequel le stage s’est inscrit

– Il se faisait au sein de l’association Nitidae, dans laquelle je souhaitais effectuer une mission

– Il était multidisciplinaire avec une approche éco-systémique

– Il me permettait d’approfondir mes compétences en cartographie et en SHS (Sciences Humaines et Sociales)

– Il y avait une partie sur le terrain ce qui me permettait d’être au plus proche des acteurs et ainsi de comprendre au mieux les enjeux à l’échelle locale

– Pour connaitre les façons de vivre, penser, communiquer d’un pays qu’on appelle communément « pays en voie de développement »

  • En quoi consistait votre stage ?

Le stage a été lancé par l’association Nitidae et la société cosmétique Occitane qui se fournit en beurre de karité au Burkina Faso. Attaché à la durabilité environnementale de leur filière, l’Occitane souhaite suivre l’évolution de l’état de la communauté ligneuse suite à l’intégration de la filière. Le stage avait ainsi pour premier objectif de fournir un état de référence.

Le stage avait plus précisément comme objectifs de :

  • Caractériser la communauté ligneuse de savanes arborées en termes de biodiversité, de structure, de stock de carbone
  • Caractériser une partie des pressions anthropiques au sein de ces savanes arborée (feu, coupe, pâture)
  • Identifier les pressions anthropiques qui influent d’état de la communauté ligneuse
  • Caractériser la pratique de coupe de bois
  • Comprendre une partie des problématiques de gestion de ces espaces naturelles

Je dirai que le résultat le plus intéressant est que les pressions anthropiques peuvent avoir un effet positif sur la biodiversité de la communauté ligneuse. Par exemple, j’ai pu montrer (sur un des deux sites d’étude) que plus l’on s’approche du village et plus la richesse spécifique est élevée. En comparant les résultats de 2 sites j’ai révélé que la richesse spécifique, la diversité (Shannon) et l’abondance (nombre d’individus) sont plus élevées sous le site présentant davantage de pression de coupe et de pâture. Ces résultats ne sont cependant pas étonnants en vue de l’historique de ces milieux savanicoles (coévolution avec les herbivores) et ils sont intéressants car ils cassent le préjugé de l’ « anthropique mauvais ».

  • Quels ont été pour vous les plus grands défis sur toute la durée de votre stage ?

Je dirai que ma première difficulté a été de faire des choix seule sur le terrain concernant la méthodologie.

La deuxième était de trouver sa place en tant qu’occidental blanc :

  • Déjà tu ne passes pas inaperçus
  • Tu as comme une étiquette : femme avec de l’argent. Pas facile à accepter. Il faut savoir rester méfiant, ne pas faire confiance à n’importe qui.
  • Beaucoup de personnes te demandent de l’argent pour soigner leur maladie pour les aider à construire une pépinière pour s’acheter telle ou telle chose : pas possible de satisfaire tout le monde et de dire non.
  • Il y a une certaine adoration du monde Occidental et à l’inverse dans certain cas un rabaissement des coutumes et traditions. Pas facile à accepter quand on voit ce que nous faisons chez nous.
  • Je suis arrivée avec ma manière de travailler à l’Occidentale (= courir après le temps) mais là-bas ça ne fonctionne pas comme ça, pour que les choses soient bien faites il faut prendre son temps !

Il y avait bien sûr toutes les difficultés sur le terrain :

  • Beaucoup de difficulté pour se déplacer (quand on n’a pas de véhicule) entre le nombre limité de transport et l’état des routes (qui rend les trajets très lents) mais ça m’a permis de vraiment vivre comme un local.
  • Très très forte chaleur, au point de boire plus de 2 litres d’eau (qui devient chaude à partir de 11h) et de ne pas aller une seule fois aux toilettes !
  • Des nuages de moucherons qui te rentrent par tous les trous
stage Pauline Burkina Faso
Moi dans la brousse en mode protection contre les moucherons (équipée d’un fouet de Detarium microcapum)
  • Qu’est-ce qui vous a le plus plu ?

Au niveau des travaux à réaliser c’est sans hésiter la partie sociologique, le fait d’être proche des acteurs, qu’ils partagent leur point de vue, leurs histoires etc…

Au niveau de la vie sur le terrain c’est la gentillesse des Burkinabès.

Stage Pauline Burkina Faso
L’arbre à palabre sous lequel les anciens sont assis presque toute la journée.
Stage Pauline Burkina Faso
A gauche mon partenaire de terrain et aussi mon très chère ami Simon, et à droite un bûcheron de Gao.
stage Pauline Burkina Faso
Les deux filles de mon grand ami qui pilent le petit mil pour cuisiner le tô.
  • Quel est l’apport de ce stage pour la suite ?

Ce stage m’a permis d’acquérir ou de développer:

  • Des savoirs : les espèces d’arbres, le fonctionnement de l’écosystème, la gestion de l’espace naturel etc…
  • Des savoirs-faire : inventaires forestiers, manipulation d’images satellitaires, vulgariser auprès des partenaires, étude bibliographique etc…
  • Des savoirs-êtres : autonomie, à l’écoute, adaptabilité

Il m’a aussi permis d’orienter mes choix professionnels :

  • je souhaite intervenir chez moi car je me sens légitime de le faire.
  • En prenant conscience du manque et de l’importance du lien social entre les différents acteurs/usagers des espaces naturels pour la durabilité des pratiques et de l’espace : je souhaite effectuer de l’animation/sensibilisation/médiation
  • Une anecdote ?

Au retour de brousse, je me suis rendue chez mon amie chez qui je dormais. Elle m’avait préparé un bon plat. Après avoir admiré cette grosse cuisse de poulet qui allait me remplir l’estomac, je me rue dessus avec les 10 doigts de mes mains.

Tiens, étonnant ce poulet, on dirait plutôt une viande rouge bien épicée. Je demande alors à mon amie « C’est le poulet qu’on a acheté hier ? » qui me répond « Mais non, c’est du rat : regarde ces petites pattes ! ».
Bien que ce soient des rats sauvages qui n’ont rien à voir avec les rats auxquels on pense, j’ai eu un petit moment de difficulté à déglutir… !

  • Conseils :

Ne pas rester dans sa zone de confort, bien que ce ne fût pas facile, c’était une expérience humaine inoubliable.

Prendre du temps pour soit, c’est une occasion de découvrir plein de choses !

Se faire confiance et donner sa confiance à des personnes sures.

Penser à la répercussion de ces actions : réfléchir avant d’agir. Faire attention à ce que l’on dit et ce que l’on fait : des choses qui se disent ici ne se disent pas toujours là-bas. Pour ça : bien observer.

Stage Pauline Burkina Faso
L’anglais ce n’est pas leur fort !
stage Pauline Burkina Faso
Eléphante au ranch de Nazinga qui nous impressionne pour protéger son petit (caché derrière)
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