Volontariat de 4 mois en Nouvelle Zélande

Témoignage de Ruben :

<< A la suite de mon DUT Génie de l’environnement, j’ai poursuivi avec une licence en Ecologie. Je ressentais la nécessité de « mâturer » mon projet professionnel et d’aller voir ailleurs avant de poursuivre avec un Master. Je me suis alors retrouvé en volontariat dans une forêt de montagne humide en Nouvelle Zélande. >>

  • Pourquoi avoir choisi ce stage/volontariat ?

Je connaissais la Nouvelle Zélande pour ses paysages magnifiques du Seigneur des Anneaux mais aussi pour sa faune et sa flore unique bien que menacée en grande partie à cause de l’introduction d’espèces exotiques envahissantes. J’avais envie d’agir concrètement pour la protection et la conservation de la biodiversité mais aussi de sortir de ma zone de confort et de me confronter à l’inconnu.

  • En quoi consistait ton stage/volontariat ?

Avant tout il faut savoir qu’en Nouvelle Zélande, le moyen le plus efficace pour conserver les espèces menacées est de piéger et d’exterminer leurs prédateurs : rats, opossums et hermines principalement. Ces derniers déciment les populations d’oiseaux dont la plupart ont perdus leurs capacités de vol.

Les opossums présents par millions s’attaquent aux feuillages, laissant derrière eux des arbres complètement nus.  Ces prédateurs menacent des écosystèmes qui, depuis la séparation de la Nouvelle Zélande avec le Gonwana, n’abritaient aucune espèce de mammifère terrestre.

Mon volontariat se focalisait sur 3 forêts différentes : une forêt privée et deux forêts publiques appartenant au Department of Conservation (état). J’y faisais de la maintenance, du relevé de pièges, du tracé GPS, du comptage et observation de Kiwi, du suivi de population des prédateurs et des collectes de graines pour une étude scientifique.

Photographie dans une forêt du Northland. Barrage dense de Kareao (Ripogonum scandens), une liane très rigide endémique et commune des forêts de basse altitude. Passer à travers pour couper une nouvelle piste n’est pas chose aisée.
  • Quels ont été pour toi les plus grands défis sur toute la durée de ton stage ?

A mon arrivée il a fallu accepter ces méthodes de gestion et de conservation qui, quand on est étranger posent questions. Voir les dégâts causés et en discuter avec des professionnels locaux m’ont vite fait réaliser qu’à ce jour c’est la meilleure solution pour maintenir un nombre d’espèces endémiques déjà fortement réduit.

  • Quels sont les principaux résultats de ton stage/bénévolat ?

La population d’espèces envahissantes a significativement diminuée, le nombre de Kiwi (Apterix mantelli) et de Pupurangi (Paryphanta busbyi) ont augmenté et les espèces d’arbres endémiques sont moins attaquées dans les forêts gérées.

 

Photographie d’une forêt témoin ne présentant aucun piège mais seulement des dispositifs d’estimation de la population de rongeurs. Cette partie est dominée par la seule espèce de palmier endémique de Nouvelle Zélande, le Nikau (Rhopalostylis sapida).
  • Qu’est-ce qui t’a le plus plu ?

J’ai eu la chance immense de pouvoir travailler sur une longue période aux côtés de rangers locaux dans des forêts de Kauri (Agathis australis) où le grand public n’a normalement accès qu’à une infime partie. J’ai pu discuter avec eux et rencontrer d’autres organismes qui luttent pour la protection des espèces endémiques. Ces discussions et celles avec les autres volontaires de nationalités différentes ont été très enrichissantes. Le fait de rester longtemps m’a permis de suivre l’évolution des projets et des résultats.

Photographie du plus vieux Kauri vivant de Nouvelle Zélande (2100 ans estimés). Sa hauteur totale est de 51,5 m et son volume de tronc est de 244,5 m³ (de quoi construire 3 maisons de 3 pièces). Dans la cosmologie Maori cet arbre est Tane Mahuta, fils de Ranginui, père du ciel, et de Papatuanuku, terre mère. Tane sépara ses parents enlacés pour apporter la lumière, la place et l’air et permettre à la vie de se développer. Ces arbres ont des racines superficielles très sensibles et sont victimes d’un champignon qui les ravagent. Le passage autour de ces géants les menaces.
  • Quel est l’apport de ce stage pour la suite ?

Cette expérience m’a apporté beaucoup tant sur le plan personnel que professionnel. Je suis rentré plus motivé que jamais pour débuter mon Master et cela m’a conforté dans mon envie de participer à la conservation et la protection de la biodiversité, sur le terrain mais aussi par la recherche. Cela m’a aussi rassuré de constater que je pouvais me débrouiller seul en étant coupé de ma famille afin d’envisager sérieusement l’expatriation.

Photographie d’une femelle Kiwi (Apterix mantelli) tenue par un ranger. Elle fait partie d’un programme de réintroduction et a été présenté aux organismes de protection du Northland.
  • Une anecdote ?

Mon meilleur souvenir reste celui d’arpenter seul ou en petit groupe ces forêts dominées par ces arbres formant de véritables colonnes végétales de 4 m de diamètre sur lesquelles repose 50 m plus haut la canopée et ses épiphytes. La nuit, dans ces forêts où l’effectif des mammifères prédateurs est réduit, seul le chant si particulier des Kiwi vient briser pendant un court instant le silence complet qui y règne.

  • Conseil 

Si vous allez en Nouvelle Zélande, faites attention à ce que vous emportez avec vous et prenez le temps de lire les consignes avant d’entrer dans les zones naturelles protégées. Elles ont souvent une valeur spirituelle inestimable pour les Maoris et les rangers travaillent dur pour les protéger face à des touristes souvent négligeant quand il s’agit de nettoyer correctement et régulièrement leurs chaussures.

Photographie d’un champignon indigène à la couleur bleue vive Werewere-kōkako (Entoloma hochstetteri). Son nom se réfère au Kōkako de l’île du Nord (Callaeas wilsoni), un oiseau endémique à la couleur similaire, devenu aujourd’hui très rare (600 couples répertoriés)
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